mais es-ce que ça va vraiment ?

11h25 Copenhague, Danemark

Avant de partir, je me suis nourrie de beaucoup de témoignages d’aventure. Une chose me manquait dans ce que j’écoutais et lisais: je n’ai trouvé que très peu de personnes, témoignant de leurs moments de doutes et d’angoisses profondes. À chaque fois, je sens comme une glorification des difficultés. C’est là-dessus que je souhaitais travailler : montrer brut ce que je ressens (moi, qui ai un terrain propice aux difficultés mentales).

Pendant mon voyage, je me surprends à être très positive. Je ne me suis jamais sentie vraiment mal et mes très nombreux aléas, me font bien rire ! Finalement, moi aussi je montre mes difficultés comme des sorties de routes palpitantes qui sont au coeur même de mon expérience. Mais sincèrement, tout va-til vraiment bien ? Alors que je suis en repos après 10 jours, la tête dans le guidon que je n’ai pas, c’est la question que je me suis posée. Comment savoir si je ne me mens pas à moi-même ? J’ai l’impression, qu’une fois passées, j’oublie instantanément les épreuves difficiles et leur intensité pour garder inconsciemment en tête, que le positif que je peux en extraire. Ce qui me semble plutôt sain-pas de la pars de mon cerveau (Tout dépend de son sens).

Tous les jours, je fixe mon enregistreur sur moi quelques heures et parle en roulant, pour capturer mes pensées brutes. C’est ce qu’il y a de plus authentique dans ce que je collecte en comparaison avec l’écriture qui intervient une fois les pensées déjà pensées et la photographie qui fige, révèle et soustrait ce que je souhaite.

Donc, pour répondre à cette question que je me suis posée, j’ai repensé à ce que je me suis verbalisée. J’ai réalisé que tous les jours depuis un petit bout de temps, je termine mes journées en souffrance. À partir de 15 h, j’en ai marre, et vas savoir pourquoi depuis 700 km environ, les frottements de ma peau contre la selle ont provoqué des belles brûlures. Maintenant, je dois régulièrement m’appuyer sur un poteau pour me lever quelques secondes.

Finalement, tout n’est pas tout le temps tout rose, et peut-être que ce n’est pas plus mal. La grosse différence, c’est que par rapport à ma vie avant le voyage, ces problèmes ne m’obsède et ne me ronge pas. J’accepte et je profite de ce que je peux, et tous les jours, les difficultés sont contre-balancées par des évènements ou des non-événements que je vis positivement.

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