écorné

23h57, Moskenes, Norway

Tu m’accompagnes partout. Les lettres s’enchaînent, s’accumulent avec ou sans sens. Sous des regards interloqués, tes pages noircissent. Avec moi partout, tout le temps, tu vis, tu me fais vivre. Tâches de café, de bière, d’humidité, d’herbe, tu en vois de toutes les couleurs. Ta couverture se ride, tes pages se cornent, ton élastique a lâché. Parfois même tu te déchires.

Sillonner l’Europe avec moi te marque. C’est ce qui fait de toi mon bien le plus précieux. Par peur de laisser la trace de trop, j’écris au plus petit et serré. Arrivée à Å, il me reste autant de pages blanches que noircies.

Je voulais qu’on puisse partager notre histoire le plus longtemps possible. Peut-être que tu me survivras. Peut-être que ce n’est pas moi qui t’accompagnera jusqu’à la fin. Peut-être que tu garderas toujours du blanc en toi. Éternellement inachevé, prêt à partir de nouveau à l’aventure avec ou sans moi.

Précédent
Précédent

tout perdre

Suivant
Suivant

Ai-je retrouvé le nord ?