nuage
17h08, à la plage de Växjö, Suède
Si petit que tu es, je te crains.
Rien que de t’entendre, je me crispe.
À ta vue, je rage. Impossible de me concentrer.
Je tape, je tape, je tape dans le vide.
Une sorte de musique.
Quand tu te regroupes avec tes congénères, toi, l’individuel, forme un tout. VOUS êtes un tout gigantesque, puissant. Quand votre bruit se rapproche, la panique me gagne. Quand je vous vois, je me paralyse. Comme si, statiques, vous ne m’approcheriez pas.
C’est une fois que j’ai compris que je ne pouvais rien y faire, que j’ai changé mon regard sur vous. Au lieu de fuir à votre simple vue, j’ai décidé de vous observer. Vous m’avez tout de suite fascinée. Vous que je ne peux individualiser.
Voilà une demi-heure que je ne peux vous quitter du regard. Une demi-heure que mon corps me gratte. Je paye le prix d’un fabuleux spectacle. Vos mouvements aléatoires me font penser au jeu de la vie. Une fascinante chorégraphie où vous semblez tous trouver votre place.
En plus d’être de grands artistes, vous êtes aussi de formidables coachs. Un entraînement sans répit qui porte ses fruits. Se fixer un rythme. Le garder. Si j’accélère, tu me laisses faire, mais quand mes jambes me lâchent et que j’ai besoin d’une pause, tu sais où me piquer pour me pousser à repartir et cette fois, plus doucement pour durer plus longtemps. Je sais que tu fais sûrement ça pour mon bien, mais dans ces moments-là, je rage contre toi. JE TE HAIE. C’est seulement en fin de journée, quand je regarde ce que j’ai accompli, t’observe de nouveau, que je réalise que je t’aime.