LE TEMPS S’ALLONGE

Le temps s’allonge. Impossible d’en sortir. Coincée dans le temps, reste l’attente.

Rien ne se passe.

Chaque minute dure des heures. À quoi bon passer le temps ? Reste l’attente.

Plus d’obligation, juste rester là, Le regard vide. Plus assez d’énergie pour l’angoisse, Reste l’attente.

Assise sur son rocher, Elle repense à ce temps. Ce temps où plus rien n’avait d’importance. Ce temps où elle n’existait plus.

Elle regarde au loin. Le temps s’allonge.

Elle ne fait rien. Elle se sent bien.

Rien à attendre, Elle observe juste l’élasticité du temps. Prend conscience de chaque seconde.

Chaque minute dure des heures. Plus d’angoisse, elle se sens bien.

Allongée dans son lit, le regard vide Elle repense à ce temps, Où elle savourait chaque goutte d’eau sur son visage. Où elle était vivante.

Le regard vide, plus rien. Encore et toujours le temps s’allonge. Il s’étire la laissant dans une agonie sans fin.

Elle attend qu’il passe. Rien.

De toute ses forces elle essaye de se lever. Rien n’y fait.

Toujours allongée dans son lit, Elle rêve du temps Où chaque seconde valait la peine.

Elle attend.

Elle attend que l’élastique se ressert l’emporte dans sa frénésie, La fasse virevolter de nouveau .

Persiste l’angoisse qu’à force de se distendre, il l’abandonne, seule, perdu dans la nuit des temps.

Persiste l’angoisse qu’à force d’aller toujours plus bas, lui aussi finisse par craquer.

Persiste l’angoisse qu’il la fasse danser tellement haut, Que la descente lui soit fatale.

Mais en attendant, elle attend.

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